Escalade en Dauphiné - France

Wadi-Rum

Grès-trospective Jordanienne...
mercredi 25 novembre 2009 par Emmanuel Le Folgoc

Trip de grimpe en Jordanie

C’était l’année dernière et pourtant je me souviens de ce Trip de grimpe comme si c’était hier...

Les meilleures périodes pour la grimpe semble être octobre/novembre et mars/avril, l’été il fait trop chaud et l’hiver il peut pleuvoir (même neiger certaines années...).

Nous sommes partis à 4 potes, 4 billets d’avions et des topos en poche.
Pour le billet d’avion, il est préférable de réserver à l’avance, le prix du billet Lyon- Amman ou Genève Amman varie entre 400 et 600€ l’A/R selon les compagnies et les périodes.

Quant aux topos, il faut se procurer le topo de Tony Howard « Treks and climbs in Wadi Rum » très détaillé qui vous aidera bien dans les approches et où il y a un bon panel de l’ensemble des voies. Celui d’ Arnaud Petit "les plus belles escalades autour du monde" traite aussi de quelques belles voies en Jordanie (dont les photos sont déjà une belle invitation au voyage !).

A peine sortis de l’aéroport, on négocie un taxi pour aller découvrir Pétra, site nabatéen incontournable où même le grimpeur ne peut rester indifférent à la vue de ces constructions aux lignes parfaites réalisées aux temps jadis (mais aussi devant les formes et les couleurs du grès qui nous entoure !).

Puis direction Wadi Rum, où nous installerons notre camp de base au camping local (un champ de sable avec des sanitaires derrière le Rest House) ; il est possible et même plus convivial de loger chez un bédouin, quelques bonnes adresses traînent sur internet.

Puis direction vers ce pourquoi nous sommes venus : la grimpe !
Tout d’abord nous avons fait le choix de venir à 2 cordées autonomes, en cas de problème (accident, rappel coincé, ...) l’autre cordée peut venir en aide, car ici ce n’est pas comme dans les Alpes, même si le téléphone passe assez bien, l’hélicoptère ne volera pas à votre secours...
A Rum, la grimpe est synonyme de fissures dans du grès donc avec des coinceurs/friends à placer et des pas de dalle où des protections sont à demeure (traduisez : comme la roche est dure en surface et tendre dessous, les équipeurs percent un petit trou au tamponnoir où ils enfoncent un piton en ayant pris le soin de le sceller et apparemment ça tient !). En règle général, il faut prévoir 10 dégaines et 1 jeu de friend en doublant les tailles BD#0.5/0.75/1 et 2. Pour certaines voies, vous aurez besoin des BD #4 voir 5 (consulter les topos).

A 20 minutes du camping, nous avons gravis Inferno sur le Jebel Rum, cette sympathique voie est une bonne entrée en matière pour se familiariser avec le grès et gérer ses protections.

Le lendemain, nous sommes allés un peu plus loin pour découvrir les subtils passages dans les canyons, pour grimper The Beauty sur le Jebel Um Ejil.

Déjà la marche d’approche peut durer entre 1h30 et 4h si vous en percez le secret ! Durant cette sympathique ballade, nous restons en admiration devant ces sculptures difformes réalisées par dame nature où le vent a taillé la roche donnant un paysage digne d’un dessin animé.
Quand à la voie, un petit bijou pour l’amateur de fissure, je me rappel ce dièdre parfait au début et la fissure large en haut splendide. Nous avons prolonger pieds nus jusqu’au sommet pour se régaler les yeux sur ce massif qui s’étend à perte de vue...

Maintenant que nous sommes rodés et que l’aventure ne nous fait plus peur, nous filons au pilier de la sagesse !

Plus qu’une grande voie d’escalade ; dans les Alpes on appellerait ça une course d’alpinisme : une approche pas évidente, une voie pas trop dure mais où trouver son chemin et équiper ses longueurs prends toute sa dimension. Je me souviens d’une longueur en fissure en V+ où il faut coincer les mains avec un petit iguane qui se promenait dans la fissure et sortait sa tête, étonné de nous voir ici ! Pour couronner le tout, la descente est une voie bédouine, facile pour le grimpeur de 6, certes, mais où le flair est primordial pour arriver à Wadi Rum avant la nuit ! Même si cette voie est au dessus de la ville (et que le chant du Muezzin vous accompagne tout du long, que vous fredonnerez encore lorsque vous réaliserez une course d’alpinisme une fois rentré en France) il faut savoir que toute retraite est compliqué ce qui en fait une voie engagé.

Puis une envie d’aller plus loin ?
Direction Barrah Canyon. Il faut d’abord se laisser guider par un taxi bédouin qui nous y déposera pour 2 jours.
L’après midi sera l’occasion de gravir Merlin’s wand, 200m de fissure parfaite d’un trait en V+/6a.
Le soir, avant le bon bivouac dans la grotte au pied de la voie, les amateurs de couenne iront gravir « Drill Story », un 7a/b splendide qui remonte une colonnette déversante.

Le lendemain, afin de profiter de la sauvagerie du lieu, un tour dans « The Star of Abu Judaidah » Pour tâter ce grès fissuré qui n’a rien a envier des belles voies en UTAH. Il faut gérer le timing pour ne pas rater le thé préparé par le chaleureux bédouin qui nous attends au pied de la voie pour nous reconduire en 4x4 à Wadi Rum. A noter que ces gens sont d’une gentillesse exceptionnel et accueillent les grimpeurs plutôt comme des amis que des touristes.

Tout déroule et ayant bien compris les subtilités de la grimpe ici, le lendemain on se dirige via le taxi bédouin vers Al Maghrar, un sommet éloigné du village pour gravir la voie « Desert Rats in the Shade ». Celle-ci commence par quatre très belles longueurs soutenues le long d’un dièdre. Les difficultés derrière, il reste que du IV pour sortir au sommet et profiter du panorama jusqu’à l’Arabie Saoudite... Oui mais on n’a pas pris en compte tout les dangers : quand une voie est raide, le rocher est bon, quand elle l’est moins ce n’est pas toujours le cas ! Les prises sont formées par le vent qui sculpte le grès (en l’occurrence du sable compacté) et ici plus qu’ailleurs, il faut grimper avec 3 points d’appuis différents et sûr au cas où un casserait. Conseil que nous avons oublié pendant un cours instant et qui vaudra pour un grimpeur une bonne grosse chute arrêtée par une sangle. Le grimpeur, bien contusionné doit être évacué, et au fin fond du désert Jordanien, la longue retraite va commencer. Le principe de deux cordées autonomes prend ici toute sa valeur, une cordée qui s’occupe de poser les rappels, l’autre compagnon de cordée qui gère le blessé. Puis une lente marche pénible pour rejoindre le 4x4, et boire un bon thé réparateur préparé par le bédouin. De retour à Wadi Rum, un petit tour à l’hôpital du village où un contrôle s’impose, à priori des contusions, mais rien de cassé…
Avant de sortir : - on vous doit combien ?

- Vous connaissez Mustapha ?
- Oui
- Alors c’est cadeau
Et on ne repart que 1h plus tard après avoir dégusté un bon thé préparé avec soin par l’infirmier !
C’est comme ça l’ambiance cool de Wadi, qui ne donne qu’une envie, y retourner...

Autre style de grimpe, mais à faire absolument (qui peut être un but de voyage aussi à combiner avec du trek dans le désert pour les personnes qui ne veulent pas grimper du 6 ou en TA) : une voie bédouine. C’est entre une voie facile d’alpinisme et une randonnée du vertige où le plus dur n’étant pas les quelques passages techniques qui ne dépassent pas le IV, mais de déchiffrer les passages pour se rendre au sommet. Historiquement, ces voies étaient empruntées par les bédouins pour aller chasser l’ibex (et secrètement aussi pour le pur plaisir de se frayer un passage pour se rendre sur les sommets, avouent les bédouins !). Si vous trouvez les accès secret et les indices laissés par les bédouins et que vous sortez sur les sommets bombés au paysage lunaire, je ne peux que vous conseiller de bivouaquer à la belle étoile avant de redescendre le lendemain afin de prolonger le voyage dans ces lieux mystérieux....
Le voyage est facile à préparer et les Jordaniens parlent très bien l’anglais, maintenant ceux qui ne veulent pas s’embêter à préparer le voyage et être plus sereins dans les voies, vous pouvez faire appel à des guides qui s’occupent de tout, mais quelque soit votre façon d’y aller, vous en reviendrez comblé !

Portfolio


Portfolio

Jebel Rum Jebel Um Ejil Wadi Rum Jebel Rum Jebel Rum Hamad's Route Désert Jordanien Jebel Rum Abu Judaidah Désert Jordanien Abu Judaidah Acceuil Jordanien

Emmanuel Le Folgoc

Articles de cet auteur

Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 3822 / 870789

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Carnet de courses   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.1.1 + AHUNTSIC

Creative Commons License

Visiteurs connectés : 6