Escalade en Dauphiné - France

Bruno Béatrix, dit BBX

samedi 15 janvier 2005 par Jeanne Palay

La première voie ouverte par Bruno Béatrix à Presles, en 1988, s’appelle Un Doigt de passion. Et ce n’est pas un hasard, car c’est véritablement une passion qui commence entre l’équipeur et Presles, dont “la magie est difficile à expliquer”.

Quinze ans plus tard, il en est à sa 41e voie ici (dont 4 ou 5 variantes de départ ou de sortie), avec à son actif des chefs d’œuvre comme Marguerite, Le Temps des Guenilles, La Joie de la procréation ou La Valse du temps. Bruno Béatrix
Originaire de Lyon, Bruno vient poser ses cordes à Voiron, où il travaille dans le bâtiment dès l’âge de 17 ans. Les montagnes ne sont pas loin, il commence à pratiquer la randonnée, qui se redresse rapidement pour devenir de l’escalade. Au début, il écume les gorges du Crossey et Saint-Egrève, puis la montagne avec le club Amitié Nature de Voiron.
En 1981, il découvre Presles en grimpant la voie Nils, une classique de l’époque, puis École buissonnière et là, c’est la révélation, “quand tout le cirque se dévoile”. Il commence à équiper avec une certaine frénésie, aux Gillardes d’abord (7 voies en trois ans, dont certaines font plus de 500 mètres), puis à Presles, où il revient encore et toujours. “J’ai toujours aimé planter des clous ou des spits. Ce qui me motive, c’est de trouver l’itinéraire, de l’équiper, de grimper et de voir les autres se faire plaisir dedans. Je suis capable de passer une heure à nettoyer un trou, j’aime les choses bien faites, je suis pointilleux”. Et les répétiteurs des voies Béatrix ne se plaignent pas de ce perfectionnisme !
À 41 ans, Bruno Béatrix est désormais papa d’un petit garçon de huit ans. Même s’il a moins de temps libre, il continue à ouvrir des voies à Presles et à aller en montagne. Parmi ses grands moments en montagne, il évoque la Walker aux Grandes Jorasses avec Chantal Mauduit, et une expédition au Népal. Mais jamais vous ne le verrez se vanter de tel ou tel exploit, ce n’est pas son style. Discret, calme, presque timide, Bruno Béatrix fait son petit bonhomme de chemin dans son coin, sans participer aux polémiques du milieu de la grimpe. Dans son petit cahier d’écolier, il note d’une écriture appliquée ses différentes réalisations, ouvertures ou répétitions. Et les unes succèdent aux autres, sans pour autant céder à la tentation d’ouvrir “une voie de plus”. “Il m’est arrivé souvent de mettre une corde dans une ligne, de commencer à équiper, puis de laisser tomber, car j’estimais que ça ne valait pas le coup”.
Que répond-il à ceux qui jugent ses voies trop engagées, voire même élitistes ? “C’est faux, mes voies ne sont pas élitistes. Il est vrai qu’au début, les points étaient un peu loin, car je venais des Gillardes et on équipait comme ça là-bas. Et puis, je payais les points de ma poche à cette époque. Aujourd’hui, je mets davantage de spits, mais juste ce qu’il faut, pas plus. Mes points ne sont jamais placés au hasard“. Quant aux cotations, elles sont sans complaisance, mais il suffit de le savoir et d’avoir le niveau des voies qu’on veut entreprendre. Élitistes, non, exigeantes, sans doute, mais quel bonheur de grimper dans les voies signées Bruno Béatrix !


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