Escalade en Dauphiné - France

Jean-Marie Leroux

mercredi 31 janvier 2007 par Jeanne Palay

Lorsqu’il évoque les voies dont il est le plus content à Presles, Jean-Marie Leroux cite en premier La Saint Sylvestre. Pourquoi ce nom ? Parce qu’il a fini de l’ouvrir le 31 décembre 1991, seul, de nuit, pendant que ses amis étaient déjà attablés pour le réveillon. Ça donne une idée de la motivation du bonhomme : “J’avais le feu sacré à cette époque”, reconnaît-il en souriant.

Né au Havre en 1938, Jean-Marie Leroux est “tombé dans la marmite de la montagne” très jeune, en regardant le film Premier de cordée. Jean-Marie Leroux Il décide ses parents à déménager pour Grenoble, où il finit sa scolarité et rencontre Paule, qui deviendra sa femme. Il commence l’escalade avec Alain Rebreyend : “Nous avions des cordes en chanvre, pas de baudrier et on avait décidé de ne rien faire en dessous de TD”. Mais la chance sourit aux néophytes audacieux, et petit à petit, l’expérience remplace la fougue inconsciente des débuts. Il grimpe en Chartreuse, Vercors, Oisans et dans le massif du Mont-Blanc. Car à cette époque, escalade et haute montagne sont indissociables.
Mais la montagne ne nourrit pas son homme, si ce n’est psychiquement. Côté professionnel, il est ingénieur à Air Liquide. Un poste qu’il occupe pendant neuf ans, jusqu’à sa mutation à Paris. Réaction de Jean-Marie : “Et je grimpe où, à Paris ?”. Ni une, ni deux, il démissionne, et profite de ses trois ans de chômage pour grimper et voyager. Puis il devient professeur de physique. Le métier ne l’enthousiasme guère, mais lui laisse beaucoup de temps libre.
Il en profite pour grimper et ouvrir des voies en Chartreuse, Vercors et Oisans. Il suit l’évolution du moment et commence l’équipement dit “moderne“ à Presles, dans les années 70. “Ce qui me plaît, c’est de découvrir une belle ligne de rocher, de la nettoyer, de l’équiper et de grimper dedans. Je me fous qu’elle soit refaite ou non, je ne fais pas ça pour la célébrité”. D’ailleurs, dans ses voies préférées, Jean-Marie omet de citer La Discrète, l’une des grandes classiques de Presles. Son style de voie ? “Je recherche les lignes naturelles : fissures, dièdres, gouttes d’eau. Je regarde à la jumelle, je prends des photos, que j’agrandis. Quand je mets ma statique, je sais exactement par où je vais passer”. Il investit donc beaucoup de temps à Presles, par amour pour cette falaise : une quinzaine de voies en tout, plus de nombreux rééquipements (dont Bel Interlude).
Parmi ses ouvertures, on trouve aussi des voies plus “terrain d’aventure”, comme Point trop n’en faut ou L’arrêt du Tocard facultatif, deux belles lignes où la pose de coinceurs est nécessaire. “ J’ai toujours fait en parallèle de la haute montagne, et pendant mes vacances, je vais grimper dans des endroits peu ou pas équipés. Donc je trouve normal de laisser des voies où l’on pose des coinceurs“, explique-t-il.
Les voyages (et la photo) représentent effectivement des constantes de sa vie. La destination qui revient le plus souvent, c’est le Sahara , où il fait une vingtaine de séjours, dont une fois en juillet, pour connaître “le vrai Sahara des Touaregs, dur, pas celui des touristes”. Le point commun de ses voyages : des endroits désertiques et un engagement important.
À 67 ans, Jean-Marie Leroux est aujourd’hui retraité. De l’enseignement, pas de la grimpe, car on le rencontre sur toutes les falaises de la région et même en mur d’escalade. Il affirme vouloir ranger définitivement son sac d’équipeur, mais on a du mal à le croire !


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