Escalade en Dauphiné - France

Espace Comboire

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jeudi 25 janvier 2007 par Jean-Paul Dulin

Cette année, je suis retourné grimper à ESPACE COMBOIRE, histoire de m’offrir une petite bouffée de nostalgie. Cette falaise avait, en son temps, marqué le renouveau de la grimpe grenobloise en offrant de nouveaux projets aux jeunes grimpeurs grenoblois dont certains ne manqueront pas de laisser leur trace dans l’histoire internationale de la grimpe.

Pour ce qui est des équipeurs, les perfos du bassin grenoblois s’étaient donné rendez-vous au pied du site. Les accro des accus avaient pour noms, Cyril Lemenestrel (le cousin des autres), Yves Martine, Eric Loubié, Yann et Yves Ghesquiers, Hervé Delacour, Claude Vigier bien sûr, et j’en oublie peut-être. J’espère qu’ils me pardonneront !!
L’accès de l’époque n’était pas ce qu’il est devenu aujourd’hui. Il fallait suivre une petite route en zigzag et longer des ateliers de réparation ou de « modification » de BMW ou autres bolides plus ou moins réglementaires. Les sourcils se fronçaient un peu sur le passage des nouveaux envahisseurs. Point d’arrêt de bus, ni de parking pour les voitures. Enfin, si, un vague chemin gardé par un vague bonhomme hirsute affublé d’une meute de chiens hystériques à la vue d’un grimpeur. Rien que son pavillon de banlieue valait le déplacement, mais il valait mieux s’équiper de bâton afin d’éviter, comme à certains d’y laisser son fond de culotte. Certains jours d’affluence, on ne pouvait plus passer tellement les bagnoles issues du campus s’agglutinaient à l’entrée du sentier. J’ai vu, un jour, le propriétaire de l’atelier du dessus, excédé par le bouchon, et ne pouvant pas passer avec son camion, monter jusqu’au pied des voies et hurler sa rage à qui voulait l’entendre, et moi, plus particulièrement parce que j’avais l’air plus vieux que les autres. J’attends toujours des excuses de la fac !! Au sujet du même parking de l’époque, j’ai trouvé un matin, un mot écrit du même gars avec plus de fautes, tu meurs : « Vas baiser plus loin, salope !! « . J’ai compris le message car, son tas de terre était maculé de préservatifs usagés. Une prostituée avait élu domicile, la nuit, au même endroit que nous la journée. L’histoire ne dit pas si c’est un grimpeur qui l’avait tuyautée sur l’endroit.
Mais je m’égare, comme d’habitude, car il ne faudrait pas croire que l’escalade est prétexte à des rencontres et de ce fait à des souvenirs…..Bon, tu l’envoies ton menu best off ?!
OK, j’arrive. Mais, après tout, vous n’avez qu’à vous référer au topo de Grenoble et aux étoiles en face des voies…Et puis, faites vous une idée vous-même, puisqu’on vous dit que c’est majeur, technique, pédagogique, parfois coté sec, mais au moins on n’a pas l’impression de grimper sur des têtes de gondoles ou des produits d’appel.
Spéciale dédicace, tout de même, pour Passager clandestin, Carreau cœur, Les amants du capricorne, La grosse Berta dans le domaine de l’abordable. Pour le reste, il faut aller se prendre la tête dans High Glandeur et sa voisine L’arme à l’œil, histoire de voir ce que peut donner le 7b en dehors des soldes ; aller se confronter à Rambo et Mourir pour des idées. Le Poulpe glaireux et Délit d’initié vous laisseront des souvenirs de luttes pour vous hisser dans le 7b+. Au dessus, je vais avoir du mal à juger mais, quand je suis redescendu de KGB, je n’avais pas fait un 7c+, mais KGB, eu égard à l’investissement qu’elle m’avait demandé. Il ne faut pas se gêner pour aller essayer A titre costume, histoire d’apprendre à voler. J’en ai vu des beaux dans cette voie. Et puis vraiment, si vous randonnez tout ça, n’hésitez pas à Exacerber vos désirs dans le huit en criant Viva Zapatta pendant l’enchaînement de Sidi H bibi, qui a été ouverte juste après le passage de la Mano Négra à Grenoble. Je suis certain que Yann s’en souvient.
Bon, j’ai dit que la liste ça suffisait !! Alors, une dernière petite anecdote pour finir. Un jour que je regardais les mouvements de Dépression, un jeune est venu nous voir pour nous demander s’il s’il était possible qu’on le dépose à Grenoble. Et comme je comptais faire une dernière remontée dans ma voie, je l’ai vu enchaîner en courant et trois fois de suite, en mettant un point sur deux le fameux 7b, l’arme à l’œil. Plus tard dans la voiture, il nous dit qu’il avait fait deuxième aux trois dernières compètes. Je lui dit, avec une pointe d’humour, qu’il était le Poulidor de la grimpe. Vexé, il me répondit que c’était plutôt Jibé. En croisant le regard de mon pote, j’ai compris qu’il valait mieux que je regarde ma route et après avoir déposé tout le monde, j’ai proposé de le raccompagner à Meylan. Quand il est descendu de la voiture, après m’avoir remercié, je lui ai demandé comment il s’appelait. Il me répondit : François LEGRAND. Vous êtes marrants vous, je ne pouvais pas prévoir.
Bonne grimpe Paulo.


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