Escalade en Dauphiné - France

Cascade de glace : De l’art du « sans dragonne »

vendredi 26 janvier 2007 par Emmanuel Briot

Galvanisé par les éphèbes des magazines de montagne, je tentais il y a 3 ans le « sans dragonne ». Après moult effrois et tâtonnements, je vous livre ce point de vue très personnel concernant le « sans dragonne » et le matériel qui s’y « rattache ».

Le piolet de grand papa, au manche droit ou un peu coudé (exemple : Pulsar de Charlet) se prête peu au « sans dragonne ». Pourtant, un certain Christophe Moulin m’a confié qu’il les utilisait jadis ainsi sans aucun soucis. Tout est donc très relatif dans mes propos. Ne nous attardons pas, car il s’agit de la préhistoire du piolet traction.

Passons au piolet de papa aux manches galbés (Quark de Charlet, Anaconda de Simond, Taa-k-on de Grivel,…). Leur galbe plus prononcé et une cale en bout de pioche laissent espérer au grimpeur des lendemains rieurs. En traction, la crispation des phalanges est moins marquée que sur un manche droit. En effet, sur du terrain pas encore vertical, on se détend un peu. Mais à la verticale et au-delà, rien ne va plus. Malgré le galbe, le poignet est encore tordu (flexion cubitale pour les puristes). La répartition de l’effort n’est pas homogène sur l’ensemble des phalanges. D’autant qu’aucun des piolets de ce type n’a de cale de bout de manche suffisamment recouvrante et solide pour permettre un véritable appui du cinquième doigt (petit rikiki) et le protéger des impacts de votre frappe de bucheron(ne).

Troisième catégorie de piolets : les piolets-poignée ou piolets de dry tooling (Quark ergo de Charlet, Scud de Simond, Racing de Grivel,…). Tous les héros des magazines sont équipés de ces engins. La préhension, presque à l’horizontale sur ces piolets, répartit l’effort de traction sur l’ensemble des phalanges. L’économie dans les sections verticales est très nette. Le soutien physique et psychologique d’une dragonne devient moins utile. Les mains enfin libres, vous pouvez tout tenter : changement de main sur le piolet, piolet à l’épaule, cochon pendu sur les pioches, …(voir les vidéos délirantes des cadores du dry tooling). En glace pure, c’est un peu moins utile, mais pour brocher d’une main vous gagnez pas mal de temps.
Attention cependant aux « coups de moins bien » (vous n’êtes malheureusement pas Daniel Dulac). Prévoyez donc une issue de secours rapide : un crochet sur le manche du piolet pour un vachage salvateur (je sais ce n’est pas élégant, mais votre chair est faible). Autre avatar, vous laissez échapper un engin. Si vous étiez mûrs, ça ne va rien arranger. Le vachage rapide sur le piolet restant est là encore réconfortant.
Enfin un inconvénient spécifique des piolets-poignée, la précision de frappe est moins bonne surtout en glace peu raide. Car une petite rotation de votre poignet dévie la trajectoire de la frappe.

En résumé, le « sans dragonne » est source de plaisir. Les piolets-poignée s’imposent alors (sauf si vous êtes Sylvester Stalone). Vous verrez, les crochetages avec ces engins sont vraiment démoniaques, et si vous tâtez du Dry tooling vous deviendrez vraiment accrocs à ce matériel. Pour les cascades de plusieurs longueurs ou pour la montagne, une boucle en cordelette où l’on passe la main peut éviter de perdre un engin. Ce n’est plus vraiment du « sans dragonne », mais on fermera les yeux. Enfin n’oubliez pas une solution de vachage rapide sur les engins, solution que vous aurez auparavant testé accroché aux poutres de votre appartement.


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