Escalade en Dauphiné - France

Les Connexions

samedi 26 mai 2007 par Dominique Duhaut

Le terrain de jeu des équipeurs n’étant pas extensible, on a vu apparaitre depuis quelques temps sur la région grenobloise un nouveau moyen de pouvoir faire des croix.

Depuis longtemps déjà, des grimpeurs ont imaginé de faire des combinaisons de différentes lignes. Mais aujourd’hui, le phénomène de la connexion dépasse le stade de l’imagination des combinaisons naturelles.
Le terrain de jeu des équipeurs n’est pas extensible à l’infini et il a déjà été bien exploité sur la région. L’appétit de certains étant d’une voracité exceptionnelle, il se développe maintenant des connexions artificielles.
Il suffit d’ajouter quelques points entre deux lignes déjà ouvertes et vous en créez une nouvelle qui va attirer les grimpeurs en quête de nouveautés et avides de faire de nouvelles croix.
C’est un peu comme si vous aviez trois voies pour le prix de deux.


Les connexions naturelles existent depuis le début des années 90 sur la région grenobloise. Philippe Poulet semble avoir été un précurseur dans les toits de Comboire (début des années 90) : départ par El Condor Buta et au relais sortie par Fleur de Nave (7c).
Les connexions artificielles ont vu le jour bien plus tard (en 2004) du fait des nouveaux équipements de Ludovic Pin à Tina Dalle.


 Le but des connexions

est simple :
○ Rajouter des itinéraires nouveaux (nouveaux challenges), pas obligatoirement des itinéraires plus homogènes (ex dans Trapèze par Nicolas Glée qui fait la partie dure de Trapèze et qui continue par une autre voie qui est plus dure que la fin de Trapèze). L’attitude "connexion" est très souvent liée au carnet de croix.
○ L’attitude des équipeurs locaux est plutôt de combiner des sections "rési" en supprimant les passages particulièrement violents (sauf le cas de Nico avec Trapèze).


 Problèmes posés

 :
1. Fonctionnement un peu consumériste.
2. Est-ce que l’ouvreur de la voie est contacté avant d’apporter ces modifications ? Question d’éthique : est-ce que quelqu’un peut intervenir sur des itinéraires existants sans en référer à l’ouvreur ? Aux Saillants (secteur du Petit Nice) des connexions ont été créées sans consulter l’équipeur. Celui-ci serait allé les démonter.
3. Est-ce que les connexions passent par de la taille ? À Tina Dalle, les connexions ont en général du sens d’après les habitués du site.
4. La lecture des itinéraires devient difficile pour des grimpeurs qui ne sont pas des habitués du secteur. Problème aussi par rapport à la mise à jour des topos.


Tous les grimpeurs forts sont plutôt favorables aux connexions. Est-ce un problème typiquement local ? Non, les connexions ont commencé en Alsace et dans la région niçoise. Mais ne risque-t-on pas de voir la même évolution qu’avec la taille des prises ? Au départ, c’était exceptionnel et ensuite on constate la généralisation du phénomène.


 En conclusion

 : l’escalade risque d’évoluer sur certains sites vers une activité plus proche de la bataille navale : ça sera peut-être le nouveau moyen de topographier les nouveaux itinéraires !!!


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