Escalade en Dauphiné - France

Grimpe sportive en Turquie

mardi 2 avril 2013 par Pascal Etienne

Quatre raisons d’aller grimper à Antalya

La première raison en est le climat, car hormis décembre et janvier, mois les plus arrosés, la clémence du climat permet une escalade hivernale agréable. Il n’est pas rare qu’à la mi-saison on soit obligé de grimper à l’ombre entre 12 et 16 heures.

Deuxième raison, le rocher : un calcaire coloré riche en reliefs, du même type que Kalymnos en moins tendre. Selon les secteurs, les styles sont variés sur un rocher prisu, à concrétions dans les dévers et piquant dans les dalles, offrant même des conglomérats style Riglos. On y trouve suffisamment de voies de 5 pour quelques jours, avec un niveau 6a on peut grimper une grosse semaine et à partir de 6b on y revient plusieurs fois... Et cela rien que pour le site de Geyikbayiri (du nom du village au-dessus), alors qu’il y a maintenant environ 200 voies sur le site d’Olympos en bord de mer à 50 kms et quelques sites mineurs dispersés dans la région.

Troisième raison : les facilités autour de l’escalade. A Geyikbayiri, tous les secteurs entourent un point central, le « camp des allemands » et ne sont jamais éloignés de plus d’un kilomètre. Avec un véhicule, on se gare sous le secteur de son choix que l’on atteint toujours en moins de 5 minutes, sauf Trebenna, avec son épuisante approche (au moins le double !). Parmi ces facilités, il y a l’accès et les commodités : Geyik est à moins d’une heure d’un aéroport international, on n’a pas besoin de véhicule, sauf pour le tourisme, il existe trois formules d’hébergement au pied des falaises (campings, bungalows, pensions). Autre possibilité : une formule « tout compris » dans un luxueux hôtel de la côte auquel il faut ajouter la location d’une voiture. Il faut savoir qu’en basse saison, en l’achetant en dernière minute, c’est meilleur marché que le camping avec un vol sec !

Quatrième raison : la région est magnifique et son attrait touristique incontestable, avec sites archéologiques et eaux turquoises pour la baignade à une douzaine de kilomètres. Particulièrement en fin d’hiver quand les sommets enneigés surplombent la Méditerranée. On peut même aller skier à Saklikent lors d’un jour de repos avant de piquer une tête dans la mer... unique !

Les sites

Geyikbayiri, Geyik pour les intimes, du nom du village voisin, reste le site phare de la Turquie (pour l’instant !). A 70 kilomètres, Olympos devient la seconde destination pour l’escalade sportive. Plusieurs sites mineurs sont décrits dans le topo que l’on peut acheter chez Josito, au pied des falaises, pour 22 euros. La visite de ces sites offrent l’occasion de visiter cette région à l’attrait touristique indéniable (sites naturels, archéologiques, vie rurale, plages...)

Les voies

Geyik : les voies

Le must des secteurs phares, dans l’ordre du topo :

Falaise principale, au-dessus de la route

Cesme :
La voie incontournable du secteur se nomme Ali Baba, 6c en dülfer, dans un rocher où les fissures sont pratiquement inexistantes.

Sarkit :
C’est un des secteurs phares de Geyik, raide et coloré avec de nombreuses voies abritées de la pluie, mais qui peut résurger ensuite.
Pour un premier contact avec les tufas, il faut faire Bizon (6b) et Saxofon (6b+). Un cran au-dessus, Colonist en 6c+, puis la formidable Imagination, en 7a, 37m. Autres longs voyages : Jaja city, 7a+ et Back to the funky planet, un 7b+ pour grimpeurs musclés et résistants. Idem en plus facile avec Psycho sheppard ,7a+, alors que le 7b de Geyikbayiri games est plus technique et bien prenable. Le top du secteur : Olympos games, un 8b de 48m qui remonte une série de tufas d’un esthétisme absolu.

Magara :
Le secteur des premières voies, qui commence à s’user un peu. Beaucoup de colos, dont la belle rouge de In ordan, 6c+/7a, mais aussi quelques voies dans le 6 à l’abri de la pluie dans la grotte.

Anatolia :
Secteur varié au rocher rouge du plus bel effet, déversant avec des colos sur la gauche, avec deux voies majeures en 7c, Gizmo et l’Ange de l’oubli, et des murs très piquants sur la droite, dont la belle Tukrkurucem, 6c+ où il vaut mieux avoir de la corne ! Entre les deux, une classique en colo et dévers, Kap’n Kirk, 6c+ aussi. Non indiquée sur le topo, il y a une chaîne à 27m sur Milestone, un beau 8a+ deux fois plus long, si l’on s’arrête à celle-ci, ce sera 6b. Toute proche, la voie sans nom est un 6a en dalle de 25m, qui devient 6c si l’on poursuit par Sado-maso (40m).

Geyik :
Incontournable pour de longues voies de 5 à 6a, parfois en deux longueurs, comme Babylon et Pratik.

Dragon :
Un de mes secteurs préférés. On peut y passer la journée si l’on grimpe dans le 7, mais il y a des voies plus faciles si belles qu’elles valent à elles seules les quelques minutes de marche. Cikomigro en 6a+, Totos en 6b, Banana monster en 6b+ et la fantastique Scharmatt, une voie de 40m avec une première chaîne à 25m (6a+) et un petit 6c tout en résistance pour le sommet. Pour le reste, tous les 7a et 7b sont à faire, dans des styles variés, de la pure colo (Dragonfly, 7a), du ventre à trous (Ahtapot, 7a+), du mur dévers (Legende, 7b) et de la dalle broute-doigts(Masallah, 7a+).

Güzel Manzara :
C’est la grande falaise rouge au-dessus du carrefour qui mène à Josito, avec des voies jusqu’à 45 mètres avec relais intermédiaire. Il y a là un beau 6a+, City watch, et d’autres grandes envolées plus difficiles, comme Big wallhalla, 6a puis 6c+ et Quantum, 6c+ puis 8a, toutes très appréciées.

Kebap :
Secteur « facile » avec 10 voies de 20m de 5a à 6b.

Gizmo :
Idem, mais on y trouva aussi quelques voies très dures entre d’autres abordables, ainsi que la plus longue voie du site, MPW, 65m, 5a, 6a, 6b.

Poséidon :
Secteur déversant avec un 6a gazeux, King Crimson’ et un 6b dans un raide rocher orange, Ya sabir, a faire. Ici les voies sont à l’abri de la pluie donc jamais lavées, la patine apparaît et la magnésie s’accumule. On se fera tout de même plaisir, mais on y gagne à réserver ce secteur soit pour les jours de pluie, soit au contraire quand il fait trop chaud au soleil car le dévers garde l’ombre. Les autres belles voies sont Takoz, 6b+, Ypek Yolu, 6c, Little big wall, 7a+, Neptune, 7b et Dyonisos, 7c avec un pas de bloc morpho dans la première section.

Ottoman :
Entre Poséidon et Mevlana, le secteur Ottoman est très fréquenté avec ses grandes envolées dans des niveaux plus modestes, mais aussi quelques voies plus difficiles majeures, comme l’Empire ottoman, 7a+ ou Noir désir, 7b. On conseillera les deux 5c/6a Achtung et Welcome baby, Tas ocagi, un 6a de 39m et ses deux voisines de droite (6a et 6b), Mukata et Renotoros, superbes 6b dans un beau rocher gris compact et Action type, le dernier 6c en dalle de Michel Piola juste à leur gauche. Ne pas manquer Rigolos, un « petit » 6c de 35m sur patates oranges, véritable importation de Riglos ! Pour finir, Marmara est un 6a court mais joli, que l’on peut prolonger de 10m jusqu’à une deuxième chaîne (6b+) et de dix mètres supplémentaires pour un 7a+ de 38m.

Mevlana :
Secteur déversant surbooké les jours de pluie, et aussi parce-qu’une vingtaine de bungalows à louer sont apparus au pied il y a peu... A éviter les jours poisseux (vent du Sud), au risque de trouver les prises intenables. Mais par temps sec, on peut encore s’éclater dans Bartabas (7a) ou Mevlana (6c+ puis 7c+), Da Vinci mode, 7a+ très long. Autre voie remarquable sur galets, Semazen, 6c+ et un 8a à succès, Trio de Ligoville. Il y a aussi quelques voies plus faciles mais courtes et tout à fait à droite un superbe 6b+, Tatoo, mais dont la difficulté principale est très bloc au départ (pré-mousquetonner la corde au 2ème point).
Entre Mevlana et Barbarossa, un nouveau petit secteur (Toki) vient de voir le jour en 2012, avec entre autres un 6a+ de 38 mètres, « La porte des pondes », un 6b de 32m., Fake alpinist, et Toki, 6c de 35m.

Barbarossa :
Difficultés variées dans ce secteur, avec des voies de 5c à 7c. Les deux 7a+ de gauche sont remarquables, de même que Bysance en 7b+. Ces voies commencent par du 6a/6b et ont une première chaîne à 25m. Sur la droite, Piola a ajouté récemment plusieurs longueurs dans du gris raide et technique, entre 6a et 6c. Deux belles voies dans du vertical technique : Mustapha en 6c et Pasa, 7a avec un passage très bloc intéressant et accessible même aux plus petites.

Alladin :
Le génie du 6 : six voies entre 6a et 6b+, la plus courte fait 27 mètres et elles sont toutes aussi belles !

Secteurs au-dessus de la route de la pisciculture

Küllüin :
falaise moins haute, mais tous les niveaux sont représentés, avec plusieurs ouvertures de 6 ces derniers temps. La voie Orion, 7a, est déjà classique. En prolongement, le secteur Teras a été équipé en 2011/2012, avec plusieurs voies dans le 5, un 6b, deux 6c et un 7a. Ces deux secteurs vous assureront la tranquillité les jours d’affluence sur le reste du site.

Alabalik et Alabalik balcon :
Ce sont les deux secteurs juste au-delà du parking de la pisciculture. Ils sont devenus très classiques avec des voies de toutes difficultés, mais je n’ai pas encore visité... Environ 30 voies.

Secteur du camp des allemands (Josito)

Secteur Sol
Divisé lui-même en sous-secteurs, c’est toute la partie gauche de la barre face à Josito. Le secteur le plus éloigné (Flying is fun) est surtout dédié au 6c+, mais on y trouve aussi beaucoup plus facile. Plus à droite, une barre avec trois jolis 6b de 28m, ma préférence allant à Turntable rocker. Encore à droite, des voies plus faciles mais aussi Perseus, un 7c+ dans un long dévers.

Secteur Left Cave :
On trouve là quelques joyaux, mais à une minute du camping, le coin est forcément fréquenté...
Dans un superbe murde 30m : Sultanhammet en 6b+ et sa voisine Samanyolu, 6c+, grandiose, de même que Rocket man, cotation identique. Dans la grotte, une méga classique pour les gros biceps : Black moon en 7b=, et puis encore plus dure, l’improbable draperie diagonale de Family affair, 8a+.
A droite, deux voies plus courtes mais bien pêchues, Dropzone en 7a+ avec son pas de bloc morpho et sa voisine Camelita au rocher abrasif. Mais nous voici déjà dans le secteur...

Yilan :
Du nom de la voie éponyme, beau 6a+ de 32 mètres. A sa droite, plusieurs 6b avec assurage à l’ombre des arbres, puis un peu plus haut une classique, la colo de Hortum en 7a (qui commence à patiner...). Le 6b/c à côté est intéressant aussi.

Turkish standard :
Encore un peu plus à droite, un secteur aux difficultés variées, fréquenté. Il faut y faire la voie éponyme, 6b+, et la belle Siry birthday, 6c+, comme Inquisition. Je n’ai pas grimpé dans la partie droite qui propose aussi des voies plus difficiles typées bloc dans les sorties, mais il y a parfois une chaîne à 20m qui permet de ne faire que la partie « facile ».

Yeniçay :
Petit secteur (ou très gros bloc) pour l’initiation avec quelques voies faciles d’une quinzaine de mètres.

Secteur Trebenna Ouest :
Pour moi, c’est LE secteur à ne manquer sous aucun prétexte, avec son ambiance incomparable due à une curiosité géologique : d’immenses grottes entrecoupées de fins piliers qui rejoignent la voûte, des galets enchâssés proposant une escalade sur cubes de toutes tailles, puis de longues colonnes ou draperies de tuf et des toits monstrueux style grottes de Kalymnos. Cette falaise présente les immenses avantages de toujours être à l’ombre et ne ne quasiment pas connaître la pluie, et ceci avec des voies de 5 au milieu des 8c ! Difficile de fire une sélection tant il y a de lignes magiques. Quand même, je crois que le 6a de la première longueur de Lycian hyghway se place en tête, de même que la suite qui en fait un 7b de 35m. Citons aussi Lycian alpinist, 6b+ mais 5c pour la première chaîne et Triologie, avec ses trois étages (5b, 6c, 7a facile). Freedom is a battle, L1 7a+ et L2 8a+, Eclipse, 6c+, Diplomarbeit, 7b, Sucker punched, 7a, toutes sont très belles. Dans le must en colo, il faut citer Rodéo (7b+) et sa suite Happy end (8b) ainsi que la grandiose Anaconda, 7c.
J’ai cité des voies difficiles, mais il y a beaucoup de piliers, plus courts certes, mais présentant une escalade déroutante sur des cubes collés et ne dépassant pas 6b.

Olympos

Ozturk, l’auteur du topo, a considérablement développé ce site ces dernières années. On compte désormais 7 secteurs différents avec des difficultés variées.

Kadir : court, 9 voies de 4c à 6b.

Vadi : nouveau secteur 6a/7c (7 voies dans le 6a/6b), 15 à 35 mètres, 20 minutes d’approche.

Hörgüç : Le secteur historique, accès évident par le site archéologique (2 euros). Une quarantaine de voies, tous niveaux ou presque, jusqu’à 45m de hauteur.

Dershane : le paradis du 5c/6a, mais on y trouve aussi des voies plus difficiles.

Cennet : le nom signifie "le paradis", mais le ticket d’entrée à ce paradis reste élevé. En effet, le 6b ne vous fera qu’admirer ce superbe mur depuis le seuil. Par contre, c’est un must pour le septième degré.

Ceneviz Magarasi : Le nouveau spot, accessible en bateau. 15 voies de 6a à 7c, avec des fontaines de colos photogéniques.

Cirali et Kabe : Secteurs accessibles depuis la plage d’Olympos (passage à gué parfois délicat en hiver) ou en voiture par la route qui descend à Cirali. Des chaînes à 20m pour des voies faciles et des prolongations autour de 7a.

Akyarlar

Il semble que l’accès en soit devenu impossible (2013) à cause des travaux de réaménagement routier. Quel dommage...Sauf à avoir un bateau !

Öküzini

Nouveau spot de haut niveau à 13 kms de Geyik, dans la vallée voisine. Déjà plusieurs 8 réalisés et plusieurs voies non enchaînées à ce jour.


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